Rechercher des objets d'art africain

Galeries

Ethnie

Familles

Sous-familles

Matière

Datation estimée

Recherche avancée

Test laboratoire

Appartenance

Ventes caritatives

Forum Toguna

Les derniers messages du forum :

  • Re : Bambara mal baré ! Bonjour, Ce détail n'a peut-être pas d'importance mais comme il me trotte dans la tête je l'expose. Je trouve qu'on remarque beaucoup plus de sculpture Bamana avec un trou au niveau du nez sans doute pour y insérer un anneau. Alors que chez les Senoufo...
  • Re : Bambara mal baré ! Tu as mal interprété mon propos , je respecte totalement ton avis , et suis d'accord avec toi , Roudillon est un homme .... donc imparfait et je voulais juste faire un rapprochement avec la culture Africaine sur le respect des anciens , car j'aime cett...
  • Re : Bambara mal baré ! Fricotin, je respecte les anciens , mais je ne crois pas à l'infabilité, ni du pape ni de M. Roudillon, tout en reconnaissant son experience. Je ne suis pas specialiste ni des senoufo ni des bamana mais, dans ce forum, je me permets de dire mon opinion...
  • Re : Petit E.T. Bonjour François, J'ai fait un petit sondage auprès de mes camarades indonésiens et, d'après eux, cet objet pourrait être de l'île de Lombok (dont les Sasaks sont le principal groupe culturel). Autrement dit, la pierre de ton E.T. vient peut-être du tr...
  • Re : trous fixation rectangulaire Les trous carré existe en Afrique et pas seulement sur les masques. Plus souvent sur des objets.

Les Chai et les Tirma en connaissent, quant à eux, plusieurs variétés :

le triangle de bois en bec de canard, appelé burgwi, dont le côté le plus long peut atteindre une vingtaine de centimètres, est semble-t-il le plus ancien. 
Les labrets de terre cuite, de couleur brique ou noire, appelés dhébé sont aujourd’hui plus répandus. 
Les dhébé sont le plus souvent circulaires (ils peuvent dans ce cas atteindre un diamètre de dix-huit centimètres), plus rarement de forme ellipsoïdale, et parfois ajourés de manière à ressembler à des anneaux.
Le labret, qui a pour effet dans les cas extrêmes de déformer complètement le bas du visage de celle qui le porte et rend difficile l’élocution, a donc un but essentiellement, voire exclusivement, esthétique. Il est la principale marque identitaire des Surma.

Le percement de la lèvre (tugo dugundo) intervient lors d’une cérémonie organisée au mois isaabai, le septième du calendrier chai (avril-mai), lorsque la jeune fille a atteint l’âge de la puberté. 
Dans un article publié en 1939, l’Italien Marco Marchetti précisait que le percement de la lèvre était accompagné par une coutume encore plus étrange :
le percement de l’hymen.

J’avoue que je n’ai pas cherché à savoir si cette coutume était, si tant est qu’elle ait jamais été pratiquée, encore en usage. 
Toujours est-il que le tugo dugundo est précédé par une opération assez douloureuse appelée nigya bukto, au cours de laquelle les incisives inférieures de la jeune fille sont brisées. 
Bien qu’ils ignorent le port des labrets, d’autres peuples de la région pratiquent également cette opération, dont le sens rituel peut varier mais qui semble avoir essentiellement pour objet de pratiquer dans la denture de l’enfant une brèche qui lui permettra d être nourri en cas de tétanos, maladie qui provoque comme on le sait une contraction des muscles masticateurs.

Pendant plusieurs jours, on a consciencieusement frotté de beurre la lèvre inférieure de la patiente, afin de ramollir les chairs.
Puis, le jour venu, l ’expert chargé de l’opération perce la lèvre à l’aide d’une pointe de fer rougie au feu. 
La plaie est enduite de beurre afin de hâter la cicatrisation ; on y insère un petit morceau de bois afin d’éviter que les chairs, en se reconstituant, n’obstruent l’orifice ainsi pratiqué. Si aucune infection ne survient, l’opération est considérée comme réussie et, sitôt la cicatrisation achevée, on introduit dans la lèvre des bouchons de bois de plus en plus grands, puis un petit labret. 
Si l’élasticité des chairs le permet, ce qui n’est pas toujours le cas, on insère dans l'orifice des labrets de plus en plus grands. 
En quelques semaines à peine, la jeune femme, dont la lèvre se sera distendue au fur et à mesure, portera avec fierté le labret le plus grand dont elle pourra jamais se parer.

 On porte le labret en public, en prenant soin de le maintenir à l’horizontale à l'aide des incisives supérieures. 

On s’en débarrasse pour dormir, pour manger, pour voyager ou pour travailler. 
Plus le labret est grand, plus la jeune fille est considérée comme belle, et plus élevée sera sa valeur ; il ne faudra ainsi pas moins de vingt bêtes pour convoler en justes noces avec la propriétaire d’un ornement particulièrement volumineux.

La rupture de la lèvre est un incident rare, qui aurait pour effet de priver la femme de son principal atout de séduction. 
En cas de deuil, la femme doit ôter son labret et attendre de la famille du défunt la permission de s’en parer à nouveau. 
Peu soucieuses de plaire, les vieilles femmes, dont les lèvres ont perdu leur élasticité, ne portent plus le labret et se contentent de replier leurs lèvres pour éviter qu’elles ne pendillent, de sorte que la mutilation ne se remarque presque plus. Enfin, à ceux qui s’interrogent sur la place du labret lors des échanges amoureux, on précisera que les Surma ignorent évidemment, comme d ailleurs tous leurs voisins, la pratique du baiser..

Le texte ci dessus est reproduit d'un livre de voyage très complet, écrit par Christian Bader, "Les Guerriers Nus". 
Nous le remercions de nous avoir permis de recopier une si grande partie de son ouvrage.