Rechercher des objets d'art africain

Galeries

Ethnie

Familles

Sous-familles

Matière

Datation estimée

Recherche avancée

Test laboratoire

Appartenance

Ventes caritatives

Forum Toguna

Les derniers messages du forum :

  • Re : Bambara mal baré ! Bonjour, Ce détail n'a peut-être pas d'importance mais comme il me trotte dans la tête je l'expose. Je trouve qu'on remarque beaucoup plus de sculpture Bamana avec un trou au niveau du nez sans doute pour y insérer un anneau. Alors que chez les Senoufo...
  • Re : Bambara mal baré ! Tu as mal interprété mon propos , je respecte totalement ton avis , et suis d'accord avec toi , Roudillon est un homme .... donc imparfait et je voulais juste faire un rapprochement avec la culture Africaine sur le respect des anciens , car j'aime cett...
  • Re : Bambara mal baré ! Fricotin, je respecte les anciens , mais je ne crois pas à l'infabilité, ni du pape ni de M. Roudillon, tout en reconnaissant son experience. Je ne suis pas specialiste ni des senoufo ni des bamana mais, dans ce forum, je me permets de dire mon opinion...
  • Re : Petit E.T. Bonjour François, J'ai fait un petit sondage auprès de mes camarades indonésiens et, d'après eux, cet objet pourrait être de l'île de Lombok (dont les Sasaks sont le principal groupe culturel). Autrement dit, la pierre de ton E.T. vient peut-être du tr...
  • Re : trous fixation rectangulaire Les trous carré existe en Afrique et pas seulement sur les masques. Plus souvent sur des objets.

Toutes ces effigies, qu'elles soient humaines ou animales, condensent des forces spirituelles, elles donnent aux esprits l'habitacle d'une forme matérielle ; elles sont les points de concentration d'un pouvoir surnaturel et apparaissent toujours comme le support d'un rite : chez les Atié aussi bien que dans les ethnies du Centre, elles servent d'intermédiaire entre la " féticheuse " et la divinité.

Certaines jouent un rôle dans des cérémonies de guérison, et beaucoup d'entre elles sont liées à des cultes de fécondité : comment s'étonner alors que dans les ethnies du Sud-Est, mais aussi chez les Dan, les statues reflètent un idéal de beauté féminine en pleine maturation ?

C'est du reste le cas, au centre du pays, des créations des Yohourè, des Wan, des Mwan, des Tagbana et des Djimini du Sud, des Baoulé : un grand nombre de statuettes de ces peuples appartiennent à la catégorie des conjoints d'un outre-monde, parallèle au nôtre, qui ne se confond pas avec un simple au-delà.

Dans cette conception, tout individu sur terre possède dans cet ailleurs un conjoint qui s'ajoute à sa famille réelle, mais qui ne se manifeste ordinairement qu'à partir de l'âge de quinze ans, lorsque des troubles surviennent (une femme ne parvient pas à avoir d'enfant, un homme ne trouve pas de compagne durable ; ou il est impuissant, il se tient pour différent des autres, et estime que ses semblables le repoussent).

Brusquement confronté à l'énigme de son identité, aux défaillances ou aux exigences de son corps, à un conflit psychique, l'individu projette son désarroi intime sur ce double sexuellement inversé qui relève de l'éros comme principe fondamental des pulsions de vie, et qui exprime une irréductible altérité. La personne atteinte d'un tel coup du sort va consulter le devin (le komien ou le ngoïmanfoué) qui dévoile l'origine des ennuis.

Comme un homme possède toujours une épouse de l'outre-monde (blolo bla) et la femme un époux (blolo bian), le devin, après avoir établi les raisons de la colère du conjoint, demande que la personne venue en consultation fasse sculpter une statuette qui évoquera (au sens précis du terme) cette présence de l'outre-monde. Dans beaucoup d'ethnies, il fournit même des indications formelles assez précises : hauteur de la statuette, position des membres, type de coiffure, etc.

Autre raison de faire sculpter des statuettes : fixer des génies de la nature, par définition volages et errants, à l'intérieur du village, pour les amener à résider, au moins temporairement, dans une oeuvre d'art qui puisse, sinon absorber leur pouvoir, du moins le réguler. 

A priori néfastes, espiègles, et surtout horriblement laids, voire difformes, les génies de la nature, chez les Baoulé par exemple, peuvent devenir bénéfiques si on les honore convenablement : lorsqu'ils se sont emparés d'une femme, jusqu'à la faire tressauter, courir, trembler, il convient, après consultation d'un devin, que la possédée fasse sculpter une statuette qui devient le réceptacle du génie et qui le représente, non pas tel qu'il est dans la forêt, mais sous des traits idéalisés, magnifiés.

La recherche de la perfection esthétique produit une sorte de sublimation des forces élémentaires de la nature : de même que la sculpture transmue en charge positive la négativité du génie, de même l'artiste doit transformer la difformité en beauté physique absolue. C'est pourquoi, à la différence de ce qu'il advient dans la statuaire de l'Asie, l'image ne tend pas à être ce qu'elle représente, ni même son substitut partiel : elle n'est qu'un signe, et une voie d'accès.

Du coup, bien souvent, les statuettes de génies interviennent dans des pratiques divinatoires.

Texte de Alain-Michel Boyer, paru dans "Arts Premiers de Côte d'Ivoire", éditions Sépia